La Pratique
Ce que je mets en avant, c'est le Bambou Do. Savoir sentir. Débrancher le mental. Laisser le corps.
Trois enseignements. Je les joue. Je ne les accroche pas au-dessus de la porte comme un blason.
San Zon. Savoir sentir, c'est entrer dans ce que le corps perçoit, avant que la tête raconte une histoire par-dessus. On débranche un peu. On écoute ce qui est déjà là.
Honnête, c'est tout. On rencontre l'authenticité de nos mouvements. Moins glorieux qu'on l'imagine. Bien plus juste.
Pas de stratégie. La pulsation du cœur et la respiration deviennent nos guides. Elles ouvrent d'autres gestes, d'autres sensations, d'autres façons d'être avec quelqu'un.
Le corps est un vaisseau. D'abord comprendre qu'il a beaucoup à nous apprendre. Ensuite expérimenter, se rencontrer, découvrir des choses dont on ne se savait pas capables. Puis laisser venir l'authenticité, en mouvement.
Apprendre, pour moi, c'est se mettre à côté. On n'apprend pas à un enfant à marcher. On l'accompagne jusqu'à ce que le chemin soit le sien.
Le théâtre ouvre
J'ai une pratique de théâtre. Elle ouvre le Bambou Do vers les artistes, vers la présence, vers ce que le geste raconte. En retour, le Bambou Do sert le plateau. On arrive autrement. L'espace devient habitable. Le public et les partenaires restent accessibles. L'imaginaire s'ouvre.
Quand on laisse agir le corps par son intelligence, ce n'est plus seulement le cerveau qui décide. La respiration ouvre une disponibilité, à l'autre, à la création. Je l'ai vécu. C'est ça que je transmets.
Le théâtre français est souvent très bavard. Le corps raconte le reste, et chaque mouvement a un sens. J'enseigne le théâtre comme une pratique, un art de vivre.
Le martial
La présence du martial, c'est aussi reprendre la main sur ce qu'on appelle la force, ou l'autorité, et les remettre dans un endroit sain. Dans un juste. Avec soi. Avec l'autre.
Ça redonne des limites. Ça permet, notamment pour beaucoup de femmes, de reprendre conscience et foi dans sa puissance. Se battre peut être nécessaire pour se défendre. Il y a là une initiation, de l'ombre et de la lumière.
Et surtout, se réapproprier la relation à l'autre. La travailler. Pour celles et ceux qui veulent reprendre du pouvoir personnel, retrouver leur place, poser des limites justes.
Au quotidien
La pratique ne reste pas dans la salle. Elle suit la marche, la respiration, le regard, les mains collées, les quatre directions, le Kaï quand il vient. Petit à petit, le corps se souvient.
Tel un bambou qui se relève sans se casser face aux vents: la solidité et la fluidité dans un même geste.